Manicomio di R.

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Le Manicomio di R.

Dans les entrailles du Manicomio di R.

 

Dernier jour en Italie et dernière exploration, surement la plus difficile d’accès. La plus difficile mais sans doute celle qui devrait être le clou de notre road trip Urbex Italien. Le manicomio di R. est LE spot Urbex par excellence car même si nous en avons pris plein les yeux avec le château Non Plus Ultra je préfère les spots qui sont plus chargés d’histoire, plus imprégnés par la mémoire de l’homme. En lisant les différents articles d’Urbexeurs sur le web on apprend que certains n’ont pas pu dépasser les grilles de l’entrée et cela nous mets une plus grande pression. L’expression entrer « en mode Urbex » prend ici toute sa valeur. C’est vraiment un coup de poker. Petit tour des lieux la veille afin de se familiariser avec ce lieu. Ce manicomio est vraiment très grand et sombre et une partie est encore en activité. Rapidité et discrétion seront de rigueur demain…

Le réveil sonne, le matériel est prêt et nous regardons une dernière fois le plan et les notes prises. Nous nous garons dans une rue adjacente. Je ne sais pas si c’est dû au fait que nous savons que l’accès est difficile mais à peine dehors, matériel en main, nous avons l’impression de ne pas passer inaperçu et d’attirer le regard du peu de gens qu’il y a dans la rue. Que faisons-nous si un passant se trouve dans la rue alors que nous voulons pénétrer dans la cour? On verra bien, inutile de se poser plus de question, de regarder à droite ou à gauche… On fonce, la chance sera avec nous… Après un passage plutôt épique nous sommes à l’intérieur.

Cette photo du cloitre ci-dessus est la première chose que l’on voit lorsque l’on débouche dans le bâtiment, le ton est donné. Le temps a suspendu son vol et le manicomio est prêt à nous raconter son histoire. Les spots italiens sont en principe en bon état et peu dégradés par l’homme et celui là, à cause de la difficulté d’accès, est en parfait état de conservation. Nous arpentons les lieux silencieusement en nous laissant imprégner par l’ambiance. Il nous semble que l’homme pourrait à nouveau réinvestir les lieux et redonner vie à cet asile psychiatrique. Le cabinet du dentiste, la salle de radiologie, la chaise d’accouchement bien que désuets, semblent prêts à reprendre du service. L’immense cour est maintenant envahie par la végétation qui lui donne un effet irréel, quelque peu inquiétant. Des hommes ont souffert ici et les murs en gardent encore les traces.

En 1871 à l’inauguration de cet asile psychiatrique il n’y avait que deux patients puis le nombre a augmenté pour atteindre les cinq cent en 1900 et miles huit cent durant la première guerre mondiale. Ensuite, le nombre n’a cessé de diminuer jusqu’aux années soixante ou il y avait un millier de patients. Le manicomio di r. a longtemps était le seul institut de ce type de la région. Située au départ en périphérie de la ville que l’on a longtemps appelé ville des fous, elle l’a peu à peu englobée durant son expansion. Les patients étaient, à l’époque, confinés dans les murs avec des règles très strictes mais fort heureusement la politique de gestion des malades mentaux a changé et leurs internements n’ont plus été systématiques. Depuis, la coexistence entre les malades et les habitants de la ville s’est toujours bien passé. En 1998 il y avait encore 197 patients. C’est en 2004 que le dernier patient de cet asile psychiatrique a déménagé pour intégrer un appartement en ville. Une partie des bâtiments est encore en activité mais sans aucun rapport avec l’activité psychiatrique. Une histoire des lieux et des hommes que l’on peut ressentir lorsque l’on arpente ce lieu. Lorsque le silence se fait à nouveau et que notre présence se fait oublier, les souvenirs ressurgissent, le bâtiment retrouve son âme…

J’espère qu’à travers cette série de photo du manicomio di R. je saurai vous faire partager ces émotions… Pour cette dernière série, j’aimerai remercier ceux qui m’ont donné des informations pour organiser ce road trip urbex. Certains spots que nous avons fait durant ce road trip en Italie étaient facile d’accès, d’autres moins mais pour celui là nous n’aurions pas pu y accéder si nous n’avions pas eu des infos précises…


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