Le pensionnat oublié

Exploration urbaine dans un ancien pensionnat. Urbex

Le pensionnat oublié

Sur les traces de Roger Peyrefitte

J’aime bien, quand cela est possible, faire des recherches sur les lieux que j’explore. A partir d’une exploration Urbex, on apprend toujours quelque chose d’intéressant sur le site lui-même ou bien sur la façon dont on vivait à l’époque… Et quelquefois, on a des surprises!

Le temps est passé est a cruellement endommagé cet ancien pensionnat. Il faudra faire attention où l’on pose les pieds… La plupart des planchers semblent être sur le point de céder mais fort heureusement, ce spot n’a pas trop été vandalisé et a gardé de jolis traces de son passé. Un lieu Urbex sympa avec des salles de classe qui sont encore en place et qui ne semblent attendre que de nouveaux élèves.

Le pensionnat était tenu par les Lazaristes (Les lazaristes sont les membres de la « congrégation de la Mission fondée en 1625 à Paris par Saint Vincent de Paul (1581-1660). La vie était rude à l’époque dans un tel pensionnat : les douches étaient rares et froides, il n’y avait pas de chauffage et la discipline était stricte. Il n’y avait ni radio, ni télévision pour se distraire et les sorties étaient rares (Le ramassage de châtaignes permettait de sortir un peu du quotidien et améliorait aussi les repas). Pas de chambre ici mais de grands dortoirs avec le surveillant au milieu (on imagine aisément l’ambiance) … En faisant mes recherches sur internet je me suis rendu compte que la vie dans ce pensionnat avait laissé des souvenirs impérissables aux anciens élèves, de bons ou de mauvais souvenirs mais en tout cas tous l’avaient bien gardé en mémoire et en parlaient avec une certaine nostalgie…

Ce pensionnat est, en proportion du petit village où il se trouve, immense. On a du mal à croire que seuls les villages aux alentours avaient suffi à remplir les bâtiments… Les jeunes enfants devaient venir de loin pour faire leurs études et le pensionnat était la seule solution. En faisant ces recherches pour connaître son histoire j’ai vite appris qu’il avait accueilli un jeune garçon qui allait devenir plus tard un écrivain connu… Roger Peyrefitte.

Fils unique né à Castres en 1907 Roger Peyrefitte est arrivé dans ce pensionnat à l’âge de neuf ans il y restera jusqu’à la classe de philosophie qui n’existant pas dans ce collège l’obligeant à aller chez les Jésuites à Toulouse. Il termina ses études secondaires au lycée de Foix (Ariège) où son cousin germain et parrain, André Peyrefitte, était professeur de philosophie. Les mathématiques n’étaient pas son fort mais son admiration pour les écrivains classiques lui donnèrent le gout de l’écriture. Par la suite, il prépara une licence ès lettre afin d’obtenir le diplôme de l’Ecole Libre des Sciences Politiques. Ce qui lui permis de devenir consul suppléant et plus tard, d’être nommé secrétaire d’ambassade à Athènes. Il y découvre la Grèce antique… Et aussi son homosexualité.

Après cette courte carrière de diplomate, Roger Peyrefitte se consacra entièrement à l’écriture et fut pendant la seconde moitié du XXéme siécle l’un des écrivains français les plus brillants et les plus controversés. Il publia en 1944 « Les Amitiés particulières » qui connut un succès considérable et reçut le prix Théophraste Renaudot après avoir raté à une voix près le prix Concourt… Certains disent qu’il se serait justement inspiré de son passage au pensionnat pour écrire certains passages du livre. Atteint de la maladie de Parkinson il mourut en 2000 à l’âge de 93 ans. Il est inhumé au cimetière d’Alet les Bains dans l’Aude.

D’une simple recherche sur ce lieu on découvre un écrivain, Roger Peyrefitte, mais pas seulement. En effet un indice en entrainant un autre, on découvre que par l’intermédiaire de son grand amour Alain-Philippe Malagnac (1951-2000) qu’il a rencontré en 1964 sur le tournage du film « Les amitiés particulières » alors que celui-ci n’avait que douze ans et demi et était figurant dans le film, Roger Peyrefitte s’est retrouvé lié au monde du showbizz et plus particulièrement à Sylvie Vartan et surtout Amanda Lear… Comment cela me dirait vous ? Eh bien, si votre curiosité est attisée, Je vous laisse chercher par vous-même.